Inspiration

Rencontre avec Thibault Pousset, photographe d’architecture

26 mars 2018

Aujourd’hui je souhaitais écrire un article sur une personne dont le parcours est assez peu commun et force le respect. Thibault Pousset, photographe spécialisé dans l’architecture, a croisé par hasard mon chemin et sa vision du métier m’a donné envie de vous le présenter.

 

Thibault, qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

Mon parcours est peu classique mais pas atypique non plus. Je suis architecte DPLG et j’ai exercé ce métier pendant une dizaine d’années. Mon attirance pour la photographie était déjà présente. Je ressentais le besoin de m’exprimer et manier l’image était un bon moyen d’y arriver.

Après ces années en architecture, j’ai eu envie de faire quelque chose de plus immédiat. Un jour, c’est devenu clair. Je me suis inscrit à une formation professionnalisante en photographie et j’ai changé de métier. Je me suis donné un an pour réussir mon pari et ça a marché. Aujourd’hui je suis photographe spécialisé en photographie d’architecture, mon premier métier ne m’ayant jamais vraiment quitté.

© Thibault Pousset

On sent en regardant votre travail que vous avez un grand souci du détail. Vous n’hésitez pas à photographier les pièces techniques dun escalier ou à zoomer sur une étagère. Avez-vous un faible pour lagencement et le travail des artisans ?

J’ai toujours été fasciné par le travail des artisans. Un projet c’est un travail d’équipe, mais la réalisation finale est l’oeuvre de l’artisan. C’est lui qui donne vie aux idées et aux dessins. On ne se rend pas toujours compte du travail que cela a demandé à l’artisan. Plus les détails sont précis et soignés et moins ils se voient. Pourtant c’est parce qu’il sont « invisibles » que la réalisation est réussie. Un bâtiment est un tout et le résultat final passe par le sens du détail inhérent au travail de l’artisan. Un calepinage de carrelage, un garde corps, le choix d’un matériau, ça parait évident en apparence et pourtant ça ne l’est pas ! J’ai travaillé de l’autre côté du bureau, je sais de quoi je parle !

 

Est-il possible d’être photographe d’architecture sans être sensible aux matières ?

Pour moi il est impossible de ne pas avoir une relation avec la matière. C’est la matière qui fait la lumière, c’est la matière qui fait le volume. Une pierre par exemple n’a pas le même ressenti au niveau du volume ou de la lumière si elle est brute ou polie. En tant qu’architecte j’ai été formé à appréhender la matière. Ce rapport à la matière est indissociable de mon travail.

 

Dans la rue ou en vacances, êtes-vous capable doublier votre métier où êtes-vous sans cesse en recherche de points de vue ou de nouveautés architecturales ?

Je me suis fixé une règle – qui est une mauvaise règle d’ailleurs : je ne prends pas ou peu l’appareil photo en vacances ! Je veux être disponible pour ceux qui sont avec moi. Mais – oui – je suis en permanence attiré par un point de vue, une lumière ou une composition. Bien souvent n’ayant pas mon boitier avec moi, je réfléchis à ce qui m’attire et comment j’aurai pris la photo. Difficile de faire abstraction de l’architecture, elle nous entoure et se révèle par une lumière, une ombre, une scène ou encore un objet.

Quel que soit le lieu ou le moment, je ne peux m’empêcher de réfléchir à ce que ça pourrait rendre en photo, d’essayer de trouver comment j’aurais pris la photo, sous quel angle, comment je dois appréhender la lumière pour obtenir le résultat voulu. C’est une obsession!

 

Clauzel © Thibault Pousset

 

Les détails, est-ce là le secret dune architecture ou dune déco réussie ?

Oui ! Plus les détails sont réussis, moins ils se voient. Pourtant c’est ce qui fait la différence. C’est paradoxal.

 

Quels genres de sujets aimeriez-vous traiter dans les prochains mois ?

J’aimerais bien photographier des projets d’envergure. Ca me plairait par exemple qu’une grande Agence d’architecture me contacte et me demande de travailler sur un projet emblématique, ceux qu’on voit dans les revues spécialisées ! Je ne cherche pas la notoriété, je n’aime pas être au devant de la scène. Mais les enjeux sur ce type de projet sont différents. Et puis être publié une fois de temps en temps c’est toujours plaisant. C’est une forme de reconnaissance de mon travail.

 

Quels sont vos lieux dinspiration ?

Je ne sais pas si j’ai des lieux qui m’inspirent plus que d’autres. J’ai forcément été marqué par des lieux que j’ai étudié ou visité. L’inspiration pour moi est un tout. Tout ce que je vois m’inspire et participe à mon travail. Je peux m’inspirer d’un lieu simple comme mon appartement tout comme d’un projet exceptionnel comme le Musée du quai Branly ou d’un bâtiment de Le Corbusier.

 

BNF © Thibault Pousset

 

Quels réseaux utilisez-vous pour mettre en avant vos travaux ?

Je les utilise (Instagram, Facebook, Houzz…) mais je ne prends pas le temps nécessaire. Je communique via mon site web que je suis en train de revoir. Je compte mieux l’alimenter et réactiver ma présence sur les réseaux. Je ne suis pas encore très au point sur le sujet ! Il va falloir que m’y mette vraiment. Aujourd’hui c’est indispensable pour rester visible.

 

Votre prochain challenge ?

Je n’y réfléchis pas. Je vis en fonction de mes projets. Mais j’aimerai réussir à oser mettre plus en avant mon travail et prendre plus de risques à la prise de vue. Je crois que cela m’aiderait encore plus à trouver ma patte !

 

Greenspace © Thibault Pousset

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